Dans une maison discrète des Lilas, aux portes de Paris, un « vampirologue » a rassemblé la plus étrange des collections : kit anti-vampire du XIXe siècle, chat momifié, crânes, grimoires et objets occultes. Unique au monde, le musée des Vampires et Monstres de l'Imaginaire se visite sur réservation, guidé par son maître des lieux. Voici ce cabinet de curiosités hors du temps.

Coordonnées48°52'32"N · 2°24'50"E
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L'entrée noire et rouge sang du musée des Vampires et Monstres de l'Imaginaire, aux Lilas près de Paris
Le musée des Vampires et Monstres de l'Imaginaire, cabinet de curiosités gothique aux portes de Paris.

Il faut chercher pour le trouver. Aucune enseigne, aucune signalétique : juste une maison de ville, au bout d’une allée de gravier, dans une commune tranquille aux portes de Paris. Puis on remarque le portail — noir et rouge sang — et, derrière, un jardin qui ne ressemble à aucun autre : des stèles funéraires dressées vers le ciel, des empilements de crânes, des créatures suspendues aux arbres. Bienvenue au musée des Vampires et Monstres de l’Imaginaire, l’un des lieux les plus insolites et méconnus d’Île-de-France. Ici, pas de vitrines aseptisées ni de parcours fléché : on pénètre dans l’antre d’un passionné, un « vampirologue » qui a fait de sa demeure un cabinet de curiosités dédié à la plus ancienne de nos peurs. Un musée unique au monde, où l’on vient autant pour frissonner que pour comprendre d’où viennent nos monstres.

L’œuvre d’un passionné

Le musée des Vampires n’est pas une institution : c’est l’œuvre d’une vie, celle de Jacques Sirgent. Universitaire, traducteur (on lui doit notamment une traduction française du Dracula de Bram Stoker), spécialiste de littérature gothique anglo-saxonne et d’ésotérisme, cet érudit atypique a ouvert son musée en 2005 dans sa propre maison des Lilas, en Seine-Saint-Denis, à quelques mètres de la porte des Lilas.

Des années durant, il a rassemblé objets, ouvrages rares, œuvres d’art et curiosités liés au mythe du vampire et aux « monstres de l’imaginaire ». Le résultat occupe plusieurs pièces d’un pavillon plus que centenaire : une collection éclectique et foisonnante, où chaque recoin réserve une surprise. Ce n’est pas un hasard si le lieu figure dans les guides des musées les plus étranges de la capitale : il est, littéralement, unique en son genre.

Un cabinet de curiosités de l’étrange

Que découvre-t-on à l’intérieur ? Un inventaire à faire pâlir un amateur de gothique. Parmi les pièces les plus fameuses : un authentique kit de protection contre les vampires du XIXe siècle — de ces coffrets que l’on vendait jadis aux voyageurs anxieux, contenant pieu, crucifix, fioles et balles bénies. Mais aussi un chat momifié, des crânes et ossements, des masques de créatures, une arbalète, des armes anciennes, des tableaux, des sculptures, des affiches de cinéma, des photos dédicacées, et une bibliothèque unique au monde consacrée aux vampires et à l’occulte, riche d’ouvrages rares et anciens.

Le maître des lieux a même reconstitué, dans l’une des salles, la ruelle de Whitechapel où sévit Jack l’Éventreur — clin d’œil à une autre grande figure de la terreur populaire. L’ensemble baigne dans une atmosphère feutrée, sombre, chargée : on se croirait dans le décor d’un roman gothique, quelque part entre le fantastique et le rêve éveillé.

Bien plus qu’une collection : une visite-conférence

Ce qui distingue vraiment le musée des Vampires, c’est qu’on ne le visite pas seul, en déambulant. On y est reçu, personnellement, par Jacques Sirgent lui-même, pour une visite-conférence d’environ deux heures. Et c’est là toute la magie du lieu.

Car le propos dépasse de loin l’anecdote frissonnante. En conteur érudit, le vampirologue explore les racines profondes du mythe : d’où vient la figure du vampire ? Pourquoi l’humanité, depuis la préhistoire, a-t-elle inventé des créatures qui reviennent d’entre les morts ? Que disent ces légendes de notre rapport à la mort, au sang, à la maladie, à la religion, à la peur de l’autre ? Sirgent ne cherche pas à effrayer : au contraire, il veut dissiper la peur en l’expliquant, en montrant comment les sociétés ont fabriqué leurs monstres pour apprivoiser l’inexplicable. On ressort de là avec mille anecdotes, mais surtout avec des questions vertigineuses sur la vie, la mort et l’imaginaire humain.

Préparer sa visite

Où se trouve le musée

Le musée des Vampires et Monstres de l’Imaginaire se situe 14 rue Jules David, aux Lilas (Seine-Saint-Denis), juste à la limite de Paris. Il est facilement accessible en métro : ligne 11, stations Porte des Lilas ou Mairie des Lilas, puis quelques minutes à pied.

Réservation indispensable

Point crucial : c’est un musée privé, installé dans une maison d’habitation. On ne peut pas s’y présenter à l’improviste — la visite se fait uniquement sur réservation préalable, par téléphone ou par courriel. C’est la condition sine qua non pour découvrir les lieux.

  • Format : une visite-conférence d’environ 2 heures, guidée par le maître des lieux.
  • Tarif : autour de 8 € par personne (tarif réduit pour étudiants, familles et groupes).
  • Ouverture : toute l’année, uniquement sur rendez-vous. Les visites-conférences ont généralement lieu à heures fixes (autour de 12h30, 15h et 19h30) ; c’est la réservation qui confirme le créneau.

Le musée ne disposant pas de site officiel de billetterie en ligne, la réservation se fait directement auprès du musée. Vous trouverez les informations pratiques et les coordonnées à jour sur des sources fiables comme la fiche de l’Officiel des Galeries & Musées.

Bon à savoir

  • Réservez à l’avance : c’est impératif, et cela permet aussi au conteur de préparer votre visite.
  • Prévoyez 2 heures : la visite-conférence est longue et dense ; ce n’est pas une visite « express ».
  • Pour les amateurs d’insolite : ce lieu ravira les curieux du macabre, du gothique et de l’étrange, mais peut dérouter ceux qui cherchent un musée classique. Venez l’esprit ouvert.
  • Prolongez l’expérience : Jacques Sirgent propose aussi des visites guidées du cimetière du Père-Lachaise sous l’angle ésotérique et occulte — un complément idéal.

Aux alentours

Le musée se trouve aux portes de l’est parisien, à deux pas du cimetière du Père-Lachaise, le plus célèbre de France, véritable musée à ciel ouvert où reposent d’innombrables personnalités. De quoi composer une journée entière sur le thème de la mémoire et de l’au-delà, entre les allées du Père-Lachaise et l’antre du vampirologue.

Ce que les monstres disent de nous

On entre au musée des Vampires en s’attendant à frissonner, et l’on en ressort en réfléchissant. Car derrière les crocs et les crânes, ce lieu insolite pose une question profonde : pourquoi inventons-nous des monstres ? Le vampire, cette créature qui refuse de mourir et se nourrit des vivants, est peut-être la plus ancienne réponse de l’humanité à l’angoisse de la mort et à l’incompréhension de la maladie. En collectionnant ces objets et ces récits, Jacques Sirgent ne cultive pas la peur : il en dévoile les rouages, il nous montre comment, de tout temps, les hommes ont donné un visage à leurs terreurs pour mieux les affronter. C’est cela, au fond, le vrai trésor de ce cabinet de curiosités des Lilas : non pas les vampires eux-mêmes, mais ce qu’ils révèlent de nous, de nos peurs, et de notre inépuisable besoin de raconter des histoires pour ne pas trembler seuls dans le noir.

Un kit anti-vampire, un chat momifié et un conteur passionné dans une maison des Lilas : le musée des Vampires ne cherche pas à vous faire peur, mais à vous expliquer pourquoi, depuis toujours, vous en aviez.

Aller plus loin

Ce cabinet de curiosités enrichit notre catégorie Musées, aux côtés du musée Fragonard et de ses écorchés. Pour d’autres lieux où Paris côtoie la mort et l’étrange, découvrez les Catacombes de Paris.

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